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Les prairies steppiques, un patrimoine exceptionnel

Le camp de la Valbonne abrite 3 habitats d’intérêt prioritaire et 2 d’intérêt communautaire. Le camp est majoritairement recouvert de pelouses sèches d’intérêt prioritaire. Ce sont des steppes herbeuses très sèches en été, essentiellement composées de graminées, qui hébergent une flore extrêmement rare dont de nombreuses orchidées. Il constitue ainsi l’un des sites de pelouses sèches les plus prestigieux de la région Auvergne-Rhône-Alpes par sa superficie (1 400 hectares de milieux naturels dont 1131 en Natura 2000) et par sa richesse en espèces remarquables. D’intérêt prioritaire, les pelouses sèches comptent parmi les habitats les plus menacés en Europe. Dans la plaine de l’Ain, secteur fortement occupé par les activités humaines, cette surface relictuelle d’un seul tenant est exceptionnelle. C’est pourquoi des actions de restauration et de préservation de ces pelouses sèches sont prévues dans ce programme Life.

Le camp accueille également 7 ha de zones humides. Il s’agit de la partie sud du camp, bordée par le fleuve Rhône et parcourue historiquement par ses crues et débordements. On y retrouve deux de ses anciens bras, la lône de la Violette et la lône du Grand Gravier, composé d’habitat d’intérêt communautaire. Ces zones humides sont visées par des travaux de restauration permettant de rétablir les conditions favorables aux espèces remarquables qu’elle abrite.

Le site accueille également un boisement semi-naturel de 60 ha, le bois du mont Genêt, au sein duquel des actions de gestion en faveur des espèces d’intérêt communautaire sont prévues.

Les pelouses sèches

Vestige d’une végétation « naturelle » au sein de cette plaine fortement cultivée et urbanisée, ces pelouses sèches se composent de 2 types d’habitats naturels considérés comme prioritaires à l’échelle européenne : les Pelouses sèches méso-xérophiles riches en orchidées et les Pelouses sèches sur sable 

Ces pelouses sèches dominées par les graminées recouvrent 500 ha, en partie ouest du site Natura 2000 essentiellement. Comme leur nom l’indique, elles sont riches en Orchidées (12 espèces différentes représentées et autres plantes vasculaires protégées), dont l’emblématique Orchis militaris. Cependant, la diversité floristique s’affaiblit et le manque d’entretien conduit à la dégradation de cet habitat. En partie Est, 400 hectares de pelouse sèche sont également fortement dégradés car très embroussaillés par de l’Aubépine et des prunelliers.

De façon localisée, on retrouve des pelouses rases très sèches dites pelouses sur sable, à haute valeur patrimoniale car liées aux dépôts sableux du Rhône. Situées au sud, elles occupent 30 ha du site Natura 2000. Elles se sont développées sur d’anciennes îles sableuses. Elles sont très riches en biodiversité, notamment en Orchidées et en Orthoptères, mais menacées par la fréquentation motorisée de loisirs et le dépôt sauvage de déchets qui dégradent physiquement les milieux et perturbent la reproduction des espèces.

Lône de la Violette
Lône de la Violette - zone sud du Camp
Agrion de mercure (Coenagrion mercuriale ) © V. Piernon

Les zones humides

Les zones humides du camp font partie du site Natura 2000 “FR8201638 Milieux alluviaux aquatiques du fleuve Rhône, de Jons à Anthon”. Ses
anciens bras, la lône de la Violette et la lône du Grand Gravier présentent un héritage exceptionnel du passé hydro géomorphologique du fleuve dans sa plaine.

La lône de la Violette est un ancien bras de tressage, au profil géomorphologique très légèrement sinueux. Le courant y est encore assez marqué, sauf au niveau des bouchons alluviaux intermédiaires qui favorisent la sédimentation. L’intégralité de la lône de la Violette est concernée par le projet

La lône du Grand Gravier est un des plus remarquables méandres du haut-Rhône en forme de fer à cheval. Il présente des arrivées d’eau soutenues et abrite de remarquables prairies humides et circulation phréatiques. Seule sa partie aval, propriété du camp, est concernée par le projet.

En tout 7 hectares sont visés par le projet.

Le site est majoritairement occupé par des Forêts alluviales à Alnus glutinosa et Fraxinus excelsior (Alno-Padion, Alnion incanae, Salicion albae). Sur 3 hectares, cet habitat relictuel dans la plaine du haut-Rhône est d’une importance cruciale pour la fonctionnalité du fleuve et de ses annexes (rôle d’éponge lors des crues, de soutien d’étiage et de support de vie pour de nombreuses espèces dont les oiseaux et les amphibiens).

Les parties courantes de la lône de la Violette alternent entre des Eaux oligomésotrophes calcaires avec végétation benthique à Chara spp. et rivières des étages planitaires à montagnard avec végétation du Ranunculion fluitantis et du Callitricho-Batrachion. Ces milieux aquatiques ont la particularité de présenter des faciès courants et bien oxygénés, en lien avec les nombreuses résurgences phréatiques (milieu de vie de l’agrion de mercure – Coenagrion mercuriale) associés à des zones plus stagnantes et vaseuses sur des portions plus large ou en cours d’atterrissement. Odonates, amphibiens en sont dépendants. Le Vertigo de Des Moulins – Vertigo moulinsiana occupe une partie des herbiers denses de Carex ou autres hélophytes présents en bordure.

Le secteur du Grand Gravier, inclus dans le camp militaire, est la partie aval de la lône. Les arrivées phréatiques y sont soutenues et régulières. Quelques surfaces de Prairies à Molinia sur sols calcaires, tourbeux ou argilo-limoneux sont présents, une prairie humide fortement envahie par Phragmites australis ainsi qu’une peupleraie de culture de 1,5 hectares.

La renaturation de la peupleraie permettra de recréer un habitat d’intérêt prioritaire de Marais calcaires à Cladium mariscus et de favoriser des espèces remarquables. Le potentiel de restauration est avéré car la majeure partie amont de ce site est occupée par ce type d’habitats de bas-marais alcalin. Concernant la prairie humide mélangée à la phragmitaie, l’enjeu est plutôt de la restaurer pour préserver sur le long terme une zone humide de qualité à proximité des pelouses sèches, et s’assurer d’une mosaïque de milieux favorable aux cortèges avifaunistiques présents ou potentiels.